À l’âge de 23 ans, John Moses déposa son premier brevet, portant sur le “J.M. Browning Single Shot Rifle“. La rédaction du texte du brevet selon les formes requises lui demanda plus de peine que l’invention technique elle-même. Cette dernière consistait en une simplification du mécanisme de percussion, le rendant ainsi plus durable et plus sûr. C’est à la même époque que Browning épousa Rachel Teresa Child qui restera la compagne de toute sa vie. Peu avant sa mort, son père lui céda son commerce. Le jeune Browning, sans avoir jamais actionné une machine-outil, en association avec son frère Matt. Avec moins de mille dollars en banque, ils transformèrent la modeste boutique en une petite fabrique d’armes occupant 7 personnes. Mais dès le départ, de part sa situation en dehors de tout centre urbain, et donc d’une clientèle fournie, l’affaire, dépourvue de capital, vivotait. Jusqu’à ce que la chance se charge de faire connaître l’inventeur. Un représentant de la firme Winchester fit parvenir à sa direction une arme faite par les frères Browning, qu’il avait découverte dans un autre État. Trouvant la conception de celle-ci intéressante, le représentant la racheta à son propriétaire. Il avait vu tellement juste que le directeur général de Winchester embarqua sur le champ pour un long voyage de 6 jours vers l’Ouest encore sauvage afin de rencontrer les frères Browning. Stupéfait de découvrir deux gamins d’une vingtaine d’années dans un atelier de campagne, il fut cependant assez perspicace pour aller au-delà des apparences et conclure avec eux des accords commerciaux qui perdurèrent plusieurs dizaines d’années. Au fil des ans, Browning accorda des licences à plusieurs fabricants pour les dizaines d’inventions et d’armes qu’il mit au point. Il n’est pas exagéré de dire qu’il a tout inventé dans le domaine des armes à feu. De plus, il faut remarquer que la plupart de ses innovations technologiques n’ont pu être ni améliorées, ni supplantées depuis le début de ce siècle. Cela montre à quel degré de perfection il était parvenu. En 1897, c’est encore un directeur commercial au nez fin, venu cette fois de la Fabrique Nationale d’Armes de Guerre de Herstal, qui remarqua un pistolet 7.65 Browning au mécanisme de verrouillage original. La FN en obtint la licence de fabrication. Ce fut le début d’une collaboration ininterrompue entre l’inventeur installé sur les rives du Grand Lac Salé et l’usine des bords de Meuse. Browning atteignit le sommet de son art avec le fusil de chasse semi-automatique Auto-5, dont le succès commercial fut considérable et qui, d’ailleurs, motiva la première visite de l’inventeur à Herstal. Mais sa popularité mondiale est due sans nul doute au pistolet semi-automatique GP (Grande Puissance) produit à plus de 10 millions d’exemplaires, adopté depuis 1907 par la plupart des forces de l’ordre et des armées du monde. Le nom de Browning est d’ailleurs devenu un nom générique pour désigner ce type de pistolet.
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